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Après Bahreïn, les pilotes mi-figue mi-raisin au sujet de l'effet de sol

Après Bahreïn, les pilotes mi-figue mi-raisin au sujet de l'effet de sol

Actualités F1

Après Bahreïn, les pilotes mi-figue mi-raisin au sujet de l'effet de sol

Après Bahreïn, les pilotes mi-figue mi-raisin au sujet de l'effet de sol

Censé accroître les dépassements cette saison, le phénomène aérodynamique n'a semble-t-il pas convaincu l'intégralité du plateau le weekend dernier.

La nouvelle réglementation technique de la F1 a donc connu son baptême du feu le week-end dernier à l'occasion de la manche inaugurale de la saison 2022, à Bahreïn.

Pour rappel, le règlement qui est entré en vigueur cette année est marqué par un retour de l'effet de sol, phénomène aérodynamique brièvement apparu à la charnière des années 70 et 80 et qui avait été banni des monoplaces à l'issue de la saison 1982.

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L'idée derrière la réintroduction de l'effet de sol est de limiter les vortex développés par tous les appendices aérodynamiques qui ont fait florès sur les voitures ces dernières années – pour ne pas dire ces dernières décennies, les équipes se lançant même dans une véritable course à l'armement en la matière, avec des travaux toujours plus poussés en soufflerie – et ainsi réduire l'air sale (ou "dirty air" en bon français).

Cette zone de perturbation aérodynamique avait en effet pour inconvénient de rendre difficile de suivre une autre voiture, au risque de perdre soi-même ses appuis. Le but ultime de l'effet de sol est donc de permettre aux pilotes de se suivre de plus près les uns les autres sans souffrir de ces désagréments, et ainsi de favoriser les dépassements et, in fine, le spectacle.

Les pneumatiques, véritable facteur différenciant pour Alonso

Alors, pour quel résultat concret en course ? Le moins qu'on puisse dire, c'est que les différents pilotes interrogés sur la question ont fait part d'avis mitigés, à l'instar d'un Fernando Alonso qui juge que les dépassements n'ont pas autant été facilités que cela : "Suivre une autre voiture a clairement été plus facile. C'est ce que nous avions déjà pu observer lors des essais, mais je pense en revanche que dépasser n'est toujours pas aussi facile que cela puisse paraître à la TV", a ainsi déclaré l'Espagnol, neuvième à l'arrivée à Shakir.

Non, pour le pilote Alpine, les dépassements ont davantage été favorisés par les différences entre pneumatiques, notamment en termes d'usure : "Je pense que tous les dépassements auxquels nous avons assistés étaient liés aux différences entre pneumatiques, qui atteignaient parfois jusqu'à deux secondes entre des gommes neuves et des gommes usées." Il est vrai que depuis son intronisation en tant que manufacturier unique de la F1, Pirelli a pris le parti d'une stratégie agressive, basée sur une grande disparité de performance entre ses produits proposés aux équipes, avec une usure prématurée des gommes.

Je pense que tous les dépassements auxquels nous avons assistés étaient liés aux différences entre pneumatiquesFernando Alonso

Mais si la réapparition de l'effet de sol en F1 cette année vise à rendre les monoplaces plus contrôlables dans le sillage d'une autre machine, l'objectif n'a visiblement pas été atteint pour tout le monde, surtout sur une piste telle que celle de Sahkir, peu utilisée à l'année et souvent sale en raison de sa localisation dans le désert qui amène régulièrement du sable sur le tarmac. C'est en tout cas ce que pense George Russell, qui a rejoint Mercedes cette saison (il a fini à la quatrième place ce weekend pour sa première avec la marque à l'étoile) : "Je n'ai pas ressenti une grande différence avec ce qui se passait auparavant pour être honnête", tranche ainsi l'Anglais. "Bahreïn est toujours un circuit difficile en raison de l'état de la piste, et les pneus ne semblent pas avoir beaucoup progressé par rapport à l'an passé, car ici on a encore beaucoup glissé, d'autant plus que les voitures font à présent entre 40 et 50 kg de plus, donc ce n'est clairement pas appréciable en termes de pilotage."

Même son de cloche du côté de Lando Norris, qui a déploré le comportement erratique de sa McLaren ce weekend : "Cela n'a pas été aussi bon que ce que j'espérais, ce qui est assez frustrant. Je m'attendais à un peu plus. Quand vous vous rapprochez d'un adversaire, vous avez l'arrière qui commence à glisser, puis vous perdez l'avant, les pneus surchauffent." Sans faire de mauvais esprit, on est cependant en droit de se demander si dans le cas de Norris les mauvaises sensations ressenties par l'Anglais ne sont pas tout bonnement liées au piètre niveau de performance témoigné par la MCL36, qui a très largement déçu à Bahreïn.

Moins de perturbations, mais aussi moins d'aspiration

A la réflexion, peut-être peut-on simplement estimer que l'effet de sol a les défauts de ses qualités. S'il diminue la zone de perturbation aérodynamique située à l'arrière des voitures, il diminue également le phénomène d'aspiration. Un effet secondaire qui avait déjà été remarqué par les équipes lors des essais hivernaux, et qui s'est confirmé lors de la première manche.

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Dans ces conditions, s'il est plus aisé de rester derrière une autre monoplace, porter l'estocade en bénéficiant d'un plus grand différentiel de vitesse de pointe se révèle ainsi plus difficile, avec ou sans l'aide du DRS (Système de réduction de la traînée), comme l'affirme le Français Esteban Ocon : "Le DRS est en l'état moins efficient que par le passé, tout comme le fait de suivre une autre voiture", abonde le pilote Alpine, septième dimanche dernier. "On peut suivre une autre voiture de bien plus près qu'auparavant, mais le phénomène d'aspiration est également moindre. La voiture est certes moins perturbée, donc on peut dire que tout cela va dans la bonne direction, mais on ressent tout de même encore quelque chose."

On peut suivre une autre voiture de bien plus près qu'auparavant, mais le phénomène d'aspiration est également moindreEsteban Ocon

Il sera donc intéressant de voir si ces premières impressions seront confirmées ou infirmées lors de la prochaine manche, sur le circuit de Djeddah en Arabie saoudite. Un tracé urbain qui se veut être le plus véloce de tout le calendrier, et qui pourrait par conséquent grossir le trait des effets aérodynamiques. Une bonne opportunité pour se faire une idée plus précise des gains permis par l'effet de sol cette saison.

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